Le bas carbone contribue toujours plus aux bons résultats d'Holcim
Les contraintes environnementales et climatiques sont souvent perçues comme des entraves au développement économique. Ce n'est pas le cas d'Holcim qui a pu tirer profit de ces évolutions pour nourrir sa croissance.
Celles et ceux qui suivent l'actualité des grands groupes se souviennent sans doute de la scission de l'entité américaine d'avec la maison mère. Finalisée il y a un peu moins d'un an d'ici, cette opération laissait craindre un petit passage à vide pour le groupe, l'activité américaine étant particulièrement intense. Il n'en est rien…
Désormais concentrée sur le reste du monde, et donc sur ses marchés européens, d’Amérique latine et sur la région Asie-Moyen-Orient-Afrique, le groupe maintient des résultats qualifiés de "solides" par les analystes. En 2025, Holcim a réalisé 15,7 milliards de francs suisses de chiffre d’affaires, avec un résultat d’exploitation avant intérêts et impôts récurrent (EBIT) de 2,9 milliards et une marge de 18,3%. À taux de change constants, l’EBIT progresse de 10,3%, confirmant l’amélioration de la rentabilité. Le premier trimestre 2026 prolonge cette dynamique, avec une croissance organique des ventes de 3,9% et un résultat d’exploitation avant intérêts et impôts récurrent en hausse de 8,3%.
Dans ce contexte, il est utile de souligner que le groupe accélère également sa transition vers des matériaux plus durables. Le béton bas carbone ECOPact représente désormais 31% des ventes de béton, tandis qu’ECOPlanet atteint 39% des ventes de ciment. Les matériaux recyclés issus de la déconstruction progressent eux aussi fortement. Une orientation que l'on remarque également à l'échelle de la Belgique avec le projet GO4ZERO à Obourg en Belgique, mais aussi à travers les projets de capture carbone et à travers l'intégration des exigences liées aux pressions réglementaires européennes (ETS, taxonomie verte).
Enfin, Holcim mise également sur l’intelligence artificielle, gros levier pour décrocher des gains de productivité dans ses usines et dans ses chaînes logistiques. Et lorsqu'on parle de gains, ceux-ci sont loin d'être minces puisque le groupe vise 200 millions de francs suisses supplémentaires d’EBIT d’ici 2028 grâce à cette attention particulière portée à l'IA.
Malgré le net ralentissement immobilier et l'explosion des coûts énergétiques, le groupe suisse s'en sort donc assez bien.