Archipelago étudie comment la conception des bâtiments peut réduire les besoins en refroidissement
Avec ses nouveaux bureaux à Louvain, le bureau d’architecture Archipelago entend démontrer qu’un bon confort thermique ne nécessite pas forcément des installations techniques complexes. En collaboration avec VELUX, il étudie comment la conception architecturale, la ventilation naturelle et le pilotage intelligent peuvent limiter les besoins en refroidissement. Selon les simulations réalisées pour le projet, ceux-ci pourraient diminuer de plus de 80 % par rapport à un immeuble de bureaux standard.
Face à des étés de plus en plus chauds, maintenir un confort thermique satisfaisant sans augmenter fortement la consommation d’énergie liée au refroidissement devient un enjeu majeur pour le secteur de la construction. Archipelago préconise d’intégrer cette problématique dès la conception des bâtiments, plutôt que de multiplier les équipements techniques après coup.
Selon Joost Declercq, directeur Research & Innovation chez Archipelago, le secteur s’appuie de plus en plus sur les installations techniques pour assurer le confort thermique depuis les années 1950. Cette évolution a entraîné une complexification des équipements, une hausse des coûts d’investissement et une consommation accrue de matériaux. Pourtant, davantage de technologie ne garantit pas nécessairement un meilleur confort pour les occupants.
Le bureau d’architecture propose d’inverser cette logique. En coordonnant l’orientation du bâtiment, les performances de son enveloppe, la disposition des ouvertures, l’inertie thermique et les protections solaires, l’objectif est de réduire autant que possible les besoins en refroidissement actif. Les installations techniques interviennent ensuite en complément, lorsque cela s’avère nécessaire.
Réduire fortement les besoins en refroidissement
Les nouveaux bureaux d’Archipelago à Louvain illustrent cette approche. Le bâtiment a été conçu comme un laboratoire vivant, dans lequel différentes stratégies bioclimatiques passives sont combinées, expérimentées au quotidien et suivies par des dispositifs de mesure.
L’inertie thermique du bâtiment joue notamment un rôle important. Elle permet d’absorber une partie de la chaleur pendant la journée, tandis que la ventilation naturelle nocturne contribue à évacuer la chaleur accumulée. Des ouvertures judicieusement positionnées favorisent la ventilation traversante, alors que les protections solaires extérieures limitent les apports solaires indésirables et les risques de surchauffe.
D’après les simulations réalisées dans le cadre du projet, cette approche pourrait réduire les besoins en refroidissement de plus de 80 % par rapport à un immeuble de bureaux standard. Une diminution importante resterait également possible dans des scénarios climatiques extrêmes. Ces performances demeurent toutefois théoriques à ce stade. Le suivi des conditions intérieures devra permettre d’évaluer les résultats obtenus en conditions réelles.
Intégrer la lumière naturelle et la ventilation dès la conception
VELUX participe au projet en apportant son expertise en matière d’éclairage naturel et de ventilation naturelle. Pour Joël Sels, Senior Daylight Design Engineer chez VELUX, la conception des ouvertures doit aller au-delà de la seule quantité de lumière naturelle qu’elles apportent.
La position et l’orientation des fenêtres déterminent également les apports solaires et les possibilités de ventilation naturelle. L’implantation du bâtiment, son environnement immédiat et l’utilisation des différents espaces influencent donc directement les stratégies bioclimatiques à adopter.
Cette approche, appelée climate based design, consiste à concevoir un bâtiment en fonction de son climat local, de son orientation et de ses conditions d’utilisation. Les apports solaires directs peuvent ainsi contribuer au chauffage passif en hiver, tout en représentant un risque de surchauffe en été. Les périodes d’occupation des locaux jouent également un rôle dans le choix des solutions d’éclairage naturel et de ventilation.
Un pilotage intelligent au service de l’architecture
Une conception privilégiant les stratégies bioclimatiques passives n’exclut pas le recours à la technologie. Des systèmes de pilotage intelligent peuvent notamment commander l’ouverture des fenêtres et l’activation des protections solaires en fonction des conditions intérieures et extérieures.
VELUX cite à cet égard son système ACTIVE with NETATMO, qui mesure la température intérieure, l’humidité relative et la concentration en CO₂. À partir de ces données et des informations météorologiques, il peut piloter automatiquement les fenêtres de toit et les protections solaires compatibles.
Archipelago et VELUX remettent également en question l’idée selon laquelle toutes les pièces d’un bâtiment devraient présenter en permanence une température identique. La création de différentes zones de confort thermique permettrait aux occupants de choisir un espace adapté à leur activité et à leurs préférences personnelles.
Avec ses nouveaux bureaux à Louvain, Archipelago souhaite déterminer dans quelle mesure les stratégies bioclimatiques passives peuvent réduire le recours aux installations de refroidissement actif. Le suivi quotidien du bâtiment devra notamment permettre de vérifier si les réductions des besoins en refroidissement annoncées par les simulations se confirment dans la pratique.