La VUB inaugure un bâtiment de démonstration : construire sans déchets, c'est possible
Au sein du laboratoire d'expérimentation du Green Energy Park, situé dans le parc de recherche de Zellik, le projet européen « Horizon Europe » RECONSTRUCT inaugure un bâtiment de démonstration innovant qui concrétise l'avenir de la construction circulaire. L’Université libre de Bruxelles joue un rôle clé dans ce projet, qui a été réalisé à l’aide de nouveaux matériaux de construction circulaires, d’innovations numériques et grâce à la recherche sur les systèmes de construction réutilisables. Au cours des prochaines années, ce bâtiment de démonstration deviendra un laboratoire vivant où chercheurs, entreprises et décideurs politiques travailleront ensemble à l’avenir du secteur de la construction.
Le secteur du bâtiment est responsable d’une part considérable des émissions mondiales de CO₂ et de la production de déchets. RECONSTRUCT entend démontrer qu’il est possible de faire autrement. Le projet développe des bâtiments qui ne sont plus conçus pour être démolis un jour, mais dont les éléments peuvent être facilement démontés, réutilisés ou adaptés après usage.
Le bâtiment de démonstration bruxellois est l’un des deux projets pilotes européens, aux côtés d’un deuxième bâtiment de démonstration à Barcelone, qui prouvent que la construction circulaire est déjà réalisable aujourd’hui. « À Barcelone, nous démontrons le recyclage des matériaux de construction, tandis que pour le bâtiment de démonstration de Zellik, nous nous concentrons sur la réutilisation des éléments de construction », explique le professeur Hubert Rahier (département d’ingénierie des matériaux durables, SUME). Dans le cadre de RECONSTRUCT, trois groupes de recherche de la VUB collaborent d’ailleurs : Sciences de l’ingénierie architecturale (ARCH, Niels De Temmerman & Jeroen Poppe), Mécanique des matériaux et des constructions (MEMC, Tine Tysmans & Erich Meiners Muñoz) et Ingénierie des matériaux durables (SUME, Hubert Rahier & Gulsen Nazerian). Le projet est coordonné par l’ITeC et rassemble seize partenaires issus de toute l’Europe.
La VUB développe des matériaux et des solutions numériques
Les chercheurs ont notamment mis au point des ciments innovants activés par des alcalis, dans lesquels sont incorporés des scories de haut fourneau et des flux de déchets végétaux. Ces matériaux génèrent jusqu’à cinq fois moins d’émissions de CO₂ que le ciment traditionnel et s’inscrivent pleinement dans les principes de la construction circulaire. Associés à des éléments de construction légers et modulaires, ils permettent de créer des bâtiments faciles à monter, à adapter et à démonter.
Pour le démontrer, un élément de plancher (entrele 1er et le2e étage) sera retiré du bâtiment dans un an et remplacé par un élément fabriqué à partir d’un ciment développé à la VUB, dont l’armature ne sera plus constituée de barres d’armature, mais de textile. « Pour le système de plancher porteur, nous avons utilisé une armature en fibres à la place d’une armature en acier », explique la professeure Tine Tysmans. « Cela permet d’éviter les problèmes de corrosion, ce qui nous permet non seulement de construire des structures plus fines, mais aussi plus durables. Les éléments en béton utilisent moins de béton, sont plus légers et ont une durée de vie plus longue que le béton armé classique. Ils sont en outre conçus pour être facilement démontés et réutilisés. Cette innovation s’inscrit ainsi dans la construction circulaire au niveau des composants de construction. »
L’utilisation de ce type de textile technique comme armature peut réduire la quantité de béton dans une construction jusqu’à 80 %, ce qui représente un gain économique mais aussi écologique considérable.
Par ailleurs, la VUB développe également les fondements numériques de l’économie circulaire. Grâce aux passeports des matériaux, aux modèles BIM et à ce que l’on appelle les « jumeaux numériques », chaque élément de construction reste traçable tout au long de son cycle de vie. Un jumeau numérique est une copie virtuelle d’un élément existant dans le monde réel, tel qu’un bâtiment, une machine, une usine ou même une ville. Cette copie numérique reçoit en permanence des données provenant de l’objet réel, par exemple sur la température, la consommation d’énergie, l’usure ou les mouvements. Les chercheurs peuvent ainsi suivre sur ordinateur ce qui se passe, anticiper les problèmes et tester des modifications sans avoir à intervenir immédiatement dans la réalité. Tout cela facilite la réutilisation future et garantit une gestion plus efficace des matières premières.
Les résultats de la recherche sont en outre partagés avec des entreprises, des concepteurs et les pouvoirs publics via le Brussels Circular Construction Hub, qui est développé dans le cadre de RECONSTRUCT.
Innovation dans le secteur de la construction au sein du « laboratoire d’expérimentation »
Le bâtiment de démonstration a été réalisé dans le laboratoire d’expérimentation de Green Energy Park, l’organisme d’innovation qui, en collaboration avec la VUB et de nombreux partenaires, développe et teste des solutions durables. Ce laboratoire d’expérimentation est situé dans le parc de recherche de Zellik, où convergent les recherches sur l’énergie, la mobilité, l’innovation dans les soins de santé et la construction circulaire.
Le bâtiment se compose d’une construction préfabriquée compacte d’environ 60 mètres carrés et sera utilisé dans les années à venir pour des mesures, des démonstrations, des formations et des ateliers. Il deviendra ainsi un environnement pratique dans lequel de nouvelles techniques de construction pourront être testées et perfectionnées dans des conditions réalistes.
Les technologies climatiques au cœur des priorités
RECONSTRUCT est l’un des projets phares de la FACT (Flanders Alliance for Climate Technology). La FACT rassemble plus de 350 chercheurs de la VUB qui collaborent, au-delà des frontières des facultés, au développement et à l’application sociétale des technologies climatiques. Avec RECONSTRUCT, la VUB souhaite non seulement contribuer à la construction de bâtiments plus durables, mais aussi soutenir l’ambition européenne de réduire drastiquement les déchets de construction, de réutiliser au maximum les matériaux et d’accélérer la transition vers une économie circulaire.