Le compte à rebours du CO2 est lancé dans le secteur du bâtiment : les entreprises sont-elles prêtes ?
Dès 2028, l’évaluation de l’impact climatique des nouvelles constructions deviendra obligatoire. Pour Buildwise, Centre de connaissances et d’innovation, le message est clair : les entreprises qui n’entament pas les mesures dès aujourd’hui risquent de s’y prendre trop tard. Car demain, bien construire ne suffira plus : il faudra aussi pouvoir démontrer la durabilité des constructions. Pour les grands entrepreneurs et les entreprises ‘clé sur porte’, la question n’est donc plus de savoir s’il faut se préparer, mais à quel rythme.
Les règles du jeu changent
La performance carbone intervient déjà dans l’attribution d’un nombre croissant de marchés. Et cette tendance ne fera que s’accentuer. À partir de 2028, la directive européenne EPBD (Energy Performance of Buildings Directive) imposera le calcul de l’impact climatique pour les grands projets de construction neuve. Dès 2030, cette obligation s’appliquera à toutes les constructions neuves. Parallèlement, de plus en plus de maîtres d’ouvrage réclament des données environnementales dans le cadre de la directive CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive). Les entreprises qui ne sont pas en mesure de fournir ces informations aujourd’hui risquent donc de se retrouver sur la touche demain.
‘Les entreprises qui peuvent déjà démontrer leur performance en matière de CO2 disposent d’un réel avantage concurrentiel lors des appels d’offres. Celles qui attendent l’entrée en vigueur de l’obligation risquent de prendre un retard important’, explique Etienne Douguet, expert chez Buildwise.
Un seul effort pour répondre à deux exigences
Bonne nouvelle toutefois : la méthode d’évaluation de l’échelle de performance CO2 et celle de la CSRD sont identiques. En se soumettant dès aujourd’hui à cette évaluation, les entreprises satisfont donc d’emblée à ces deux exigences. À la clé pour celles qui s’y attellent dès maintenant : un gain considérable de temps et d’argent.
Pour les accompagner dans cette démarche, Buildwise recommande TOTEM, l’outil belge gratuit d’analyse du cycle de vie, développé par les trois Régions. TOTEM permet aux entreprises de calculer et de comparer l’impact environnemental d’un bâtiment dans son ensemble ou de différents éléments de construction — murs, planchers, toitures, matériaux tels que le béton — afin de poser des choix éclairés.
Anticiper pour prendre une longueur d’avance
Buildwise appelle les grands entrepreneurs et les entreprises ‘clé-sur-porte’ à ne pas attendre l’échéance légale pour agir. Ils peuvent entamer dès maintenant les premières démarches : mesurer leur propre impact en CO2, étayer objectivement leurs choix de matériaux et préparer leur organisation aux futures obligations de reporting.
Vous trouverez plus d’informations sur la réglementation, les outils disponibles et des recommandations concrètes via ce lien.