La voiture et les vacances avant la rénovation
Malgré la pression de plus en plus forte exercée par les prix de l'énergie et donc, malgré la nécessité de procéder à des travaux de rénovation du bâti, le Belge continue reporter ces investissements.
C'est un paradoxe bien belge, un de plus. Alors que les Belges sont bien conscients de la nécessité de procéder à des travaux de rénovation de leur habitation, alors que les enjeux énergétiques et patrimoniaux n'ont jamais été aussi importants, ils continuent à reporter les investissements qui s'imposent pour privilégier des dépenses à court terme : voyages, achats de meubles, d'une nouvelle voiture…
La banque Belfius s'est spécifiquement penchée sur ce phénomène et a pu établir que 52% des propriétaires sont bien conscients du coût important de l'énergie et de l'impact majeur que cela peut avoir sur leur logement aussi bien en termes de dépenses annuelles qu'en termes de valorisation patrimoniale. Ils sont d'ailleurs six sur dix à redouter qu'un mauvais label PEB déprécie la valeur de leur bien. Or, la rénovation n'arrive qu'en quatrième position parmi leurs priorités.
En analysant plus finement les moteurs de ces comportements, il apparait que les choix des propriétaires sont plus dictés par un déficit de confiance que par un manque d'intérêt dans les opérations de rénovation. Selon les relevés de Belfius, la volonté d'agir existe bel et bien. Un propriétaire sur dix est totu de même actuellement engagé dans des travaux. Et près d'un sur cinq envisage de rénover à l'avenir. Ces projets de rénovation sont d'ailleurs explicitement reliés à la volonté de réduire les factures énergétiques : 78% des projets sont motivés par la volonté de réduire l'impact financier d'une maison trop peu isolée, tandis que 57% recherchent davantage de confort.
En réalité, toujours selon l'analyse de Belfius, le véritable frein semble davantage résider dans la complexité du chemin à parcourir pour entreprendre ces rénovations. Ainsi, trois Belges sur quatre considèrent la rénovation comme une expérience stressante. Et les dépassements budgétaires sont les éléments qui alimentent le plus cette perception. On peut le comprendre : à l'analyse, 53% des chantiers excèdent le budget initial, généralement de 10 à 20%, tandis qu'un projet sur cinq dépasse même les 20%. Un dépassement qui a évidemment un impact considérable sur les décisions des propriétaires, surtout lorsqu'ils sont jeunes.
À ces incertitudes financières s'ajoutent les difficultés à identifier des entrepreneurs fiables. Cet élément n'est pas anecdotique. Il revient chez près de six propriétaires sur dix. Une défiance que vient renforcer la connaissance très parcellaire des réglementations énergétiques. Ainsi, plus de la moitié des Belges ignorent tout bonnement le score PEB de leur propre logement.
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