En 2027, la Wallonie liera loyers et performance énergétique dans les logements sociaux
À partir du 1 janvier 2027, la Wallonie modifiera en profondeur le calcul des loyers dans le logement public.
Construites dans les années '80, les tours du foyer saint-ghislainois seront bientôt soumises au nouveau régime instauré par la ministre Neven.
Définitivement approuvée par le Gouvernement wallon, la réforme intégrera désormais la performance énergétique des habitations dans la fixation des loyers sociaux. Une mesure qui vise à renforcer l’équité entre locataires tout en encourageant les rénovations du parc public.
Jusqu’à présent, les locataires de logements sociaux voyaient leur loyer plafonné à 20% de leurs revenus, indépendamment de la qualité énergétique du logement occupé. Ce système produisait un effet paradoxal : les sociétés de logement de service public (SLSP) qui investissaient dans la rénovation énergétique ne pouvaient pas répercuter ces améliorations dans les loyers et voyaient ainsi leurs capacités financières limitées. Cette situation freinait les investissements et contribuait à la dégradation progressive du parc immobilier.
La réforme introduit le principe du «loyer chaud». Ce principe prend en compte les économies d’énergie réalisées grâce à une meilleure performance du bâtiment. Concrètement, le plafond du loyer sera modulé selon le certificat PEB du logement. Il restera fixé à 20% des revenus pour les logements les moins performants (PEB G) et pourra atteindre 26 % pour les logements les plus efficaces énergétiquement (PEB A). Les catégories intermédiaires bénéficieront d’une progression graduelle.
Le Gouvernement wallon poursuit ainsi un double objectif. D’une part, il souhaite donner davantage de moyens aux SLSP pour poursuivre la rénovation énergétique du parc public. D’autre part, il entend rétablir une forme d’équité entre les locataires, les occupants de logements mieux isolés bénéficiant généralement de factures énergétiques plus faibles et d’un meilleur confort.
Une période transitoire accompagnera l’entrée en vigueur du dispositif. Les ménages occupant déjà les logements les plus performants verront les éventuelles hausses de loyer étalées sur deux ans. Pour la ministre wallonne de l’Énergie et du Logement, Cécile Neven, cette réforme constitue une étape majeure vers un modèle de logement public plus durable, plus transparent et mieux adapté aux enjeux de la transition énergétique.