Les étonnantes facultés auto-cicatrisantes du béton Basilisk
Développé aux Pays-Bas avec l’Université de technologie de Delft, le béton auto-cicatrisant créé à l'origine par la spin off Green Basilisk introduit une approche innovante de la durabilité des structures. Grâce à des bactéries productrices de calcaire, ce béton permet la réparation autonome des fissures et réduit la maintenance.
En collaboration avec l'université de TU Delft, Green Basilisk a développé une technologie de béton auto-réparant basée sur l’intégration de micro-organismes dormants incorporés dans la matrice cimentaire. Ces bactéries, activées au contact de l’eau et de l’oxygène lorsque des fissures apparaissent, transforment des nutriments spécifiques en carbonate de calcium, formant ainsi une sorte de « cicatrice minérale » qui referme progressivement les fissures.
Le procédé repose sur une logique de maintenance passive : au lieu d’interventions humaines, le matériau devient capable de réagir à sa propre dégradation. Selon les performances actuelles, les fissures pouvant atteindre environ 0,8 mm de largeur peuvent être traitées efficacement, ce qui améliore significativement la durabilité des ouvrages et réduit les coûts d’entretien sur le cycle de vie des infrastructures.
La technologie est conçue pour être utilisée aussi bien dans des constructions neuves que dans la rénovation de structures existantes. Les bactéries sont introduites soit directement dans le mélange de béton, soit via des capsules ou agents porteurs adaptés, garantissant leur activation uniquement en cas de fissuration.
Une fois exposées à des conditions favorables (humidité, oxygène et alcalinité du béton), les micro-organismes se multiplient localement et produisent du calcaire qui colmate progressivement la fissure. Ce processus permet de limiter l’infiltration d’eau, de réduire les risques de corrosion des armatures et d’augmenter la durée de vie des structures.
Au-delà de la performance technique, cette innovation s’inscrit dans une logique de construction plus durable, en réduisant les besoins en réparations, en interventions lourdes et en consommation de matériaux. Elle illustre une évolution majeure du secteur vers des matériaux dits « intelligents », capables d’intégrer des fonctions de maintenance autonome directement dans leur composition.
Cette évolution attire également l’attention des maîtres d’ouvrage publics et des assureurs, qui voient dans ces solutions un potentiel de réduction des coûts d’exploitation et une amélioration mesurable de la résilience des infrastructures sur le long terme.