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Le polyuréthane bicomposant, une rupture de pont thermique « sans compromis » ?

Une innovation belge pour les nœuds constructifs critiques des murs maçonnés.

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©Fomicom

Le pied d’un mur maçonné constitue l’un des nœuds constructifs les plus sensibles d’un bâtiment. Une rupture thermique insuffisante y crée un pont thermique, favorisant les déperditions de chaleur et la condensation, avec à la clé moisissures et dégradations des peintures ou des papiers peints. Le fabricant de polyuréthane Fomicom propose une solution destinée aux murs intérieurs maçonnés : une assise de départ isolante en polyuréthane bicomposant haute densité.

Fabricant de systèmes en polyuréthane mono- et bicomposants, Fomicom compte surtout des clients industriels. Avec Cobristop, l’entreprise pourrait bientôt élargir son marché en répondant à une attente de longue date du secteur de la construction. « Plusieurs acteurs voyaient le potentiel d’un système en PU, léger et facile à mettre en œuvre, explique Filip Audenaert, gérant de Fomicom. Nous avons partagé cette vision et lancé un programme de R&D en 2012. Mais le passage du concept à la pratique s’est révélé plus complexe que prévu. Un polyuréthane classique s’écrase sous le poids du mur et compromet sa stabilité. Il fallait donc trouver une formulation associant capacité portante, isolation thermique, étanchéité à l’eau et sécurité incendie. Nous avons multiplié les essais pendant des années, puis développé un procédé industriel et adapté nos équipements de production. Nos efforts ont porté leurs fruits : au printemps, nous avons présenté Cobristop à Architect@Work. »

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Une mise en œuvre comparable aux blocs de terre cuite

La marque Cobristop est déposée. Le produit a suivi la procédure d’agrément technique ATG, dans le cadre des règles de conception de l’Eurocode 6. « Les essais et analyses confirment des performances supérieures à la moyenne pour l’ensemble des caractéristiques évaluées, affirme Filip Audenaert. Les professionnels bénéficient ainsi d’une solution complète, également sur le plan de la mise en œuvre. Nos éléments en PU se maçonnent comme des blocs de terre cuite. Seul un adjuvant favorisant l’adhérence doit être ajouté. »

Une solution pour plusieurs nœuds constructifs

Conçue comme assise de départ isolante pour les maçonneries porteuses et non porteuses (ATG 3350), la solution limite les pertes de chaleur en pied de mur grâce à ses propriétés intrinsèques. Concrètement, Cobristop remplace le premier rang de blocs posé sur les fondations et assure la continuité thermique entre l’isolation du sol et celle du mur creux. « Le système permet aussi de raccorder l’isolation du mur creux à celle de la toiture. Il constitue également une solution idéale sous les seuils de fenêtres et de portes coulissantes pour éviter les ponts thermiques », précise Filip Audenaert.

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Les essais et analyses confirment des performances supérieures à la moyenne pour l’ensemble des caractéristiques évaluées.

Des performances élevées grâce au procédé RIM

Cobristop se présente comme un bloc de maçonnerie de 120 mm de haut, disponible en largeurs de 90, 140 ou 190 mm. Des dimensions sur mesure sont également possibles. Il est fabriqué en polyuréthane bicomposant haute densité. Contrairement à des produits comparables en PU comprimé, les éléments Cobristop sont obtenus par moulage par injection-réaction (RIM, Reaction Injection Moulding). « Chaque bloc résulte d’une réaction chimique qui lie les molécules entre elles, explique Filip Audenaert. Ce procédé confère au matériau des propriétés remarquables : une résistance moyenne à la compression de 6,5 N/mm², une conductivité thermique de 0,065 W/(m·K) et une résistance thermique verticale de 1,85 m²·K/W. L’élément présente aussi une résistance au feu REI 120. À titre de comparaison, lors de l’essai, la température des blocs de terre cuite atteignait 120 °C après 134 minutes, contre seulement 4 °C au niveau des éléments Cobristop. Leur élasticité permet en outre d’absorber les vibrations et les charges excentrées, ce qui augmente la résistance globale du mur à la compression. Enfin, leur masse volumique d’environ 330 kg/m³ facilite la manutention. »

Des économies à long terme

Cobristop est facile à travailler : les éléments peuvent être percés, découpés à la scie circulaire et vissés tout en préservant la continuité de l’isolation. La membrane d’étanchéité DPC devient également superflue, ce qui améliore l’adhérence, notamment sous les seuils. « Ces avantages réduisent largement l’écart de prix avec les solutions les plus courantes, souligne Filip Audenaert. Nous pensons que les maîtres d’ouvrage accepteront ce léger surcoût grâce aux économies réalisées à long terme. Cobristop écarte le risque de condensation et réduit davantage les déperditions énergétiques. »

Une pose encadrée par des normes strictes

La mise en œuvre doit respecter les normes NBN EN 1996-1-1 + ANB, NBN EN 1996-2 + ANB, STS 22, la NIT 271 de Buildwise ainsi que les prescriptions de pose approuvées par les organismes de certification. Filip Audenaert y voit une démarche simple : « Il suffit de poser Cobristop sur un support stable et suffisamment rigide. Les petites irrégularités des fondations se corrigent facilement au mortier. Tout maçon qui maîtrise son métier peut poser ces blocs en PU directement, sans formation supplémentaire. »

Une application limitée aux bâtiments de faible hauteur

La capacité portante de Cobristop limite actuellement son utilisation aux bâtiments de trois niveaux au maximum, avec des portées pouvant atteindre huit mètres. « Nous ciblons donc pour l’instant les maisons individuelles et les projets résidentiels de faible hauteur, indique Filip Audenaert. L’application dans des bâtiments plus élevés reste envisageable lorsque le système constructif évite de reporter l’ensemble des charges sur les murs. Tout dépend alors de la conception et du mode de réalisation des murs intérieurs. »

La recherche se poursuit

Cobristop est désormais un produit abouti, prêt pour une commercialisation à grande échelle. Les travaux de R&D se poursuivent pourtant. « Nous étudions actuellement la possibilité de coller les éléments, explique Filip Audenaert. Nous préparons également une évaluation technique européenne (ETA) afin d’étendre notre marché à toute l’Europe. Enfin, nous cherchons à remplacer, à terme, une partie, voire la totalité, des matières premières actuelles, encore d’origine fossile mais recyclables, par des matières recyclées. »

Convaincre les architectes

Pour commercialiser Cobristop, Fomicom compte sur deux canaux : les négoces en matériaux de construction et la vente directe aux promoteurs et aux grandes entreprises de construction. Plusieurs obstacles restent à lever pour favoriser son adoption. « Certaines règles relatives aux nœuds constructifs manquent encore de neutralité technologique, constate Filip Audenaert. Les solutions classiques compensent leurs performances isolantes plus faibles par une plus grande hauteur. Avec Cobristop, cette hauteur supplémentaire serait contre-productive. Les architectes doivent donc calculer le coefficient de transmission thermique linéique. Avec Buildwise, nous développons des simulations destinées à simplifier cette étape. Nous avons déjà rédigé des directives de conception qui rassemblent les informations utiles aux architectes. Elles devraient les encourager à adopter Cobristop. »

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